Retour en 2001. A l’époque, la toute jeune CFMJ n’avait pas accordé de concession d’exploitation d’un casino à la Romande des Jeux, dont fait partie la LoRo. Cette dernière, qui n’a jamais digéré ce coup, se sent menacée dans ses fondements mêmes.

Le litige Tactilo

Puis, il y a l’épisode Tactilo, la version électronique des jeux à gratter, qui sera achevé quand le Tribunal fédéral (TF) aura rendu son jugement sur le recours de la LoRo. Considérant que ces engins s’apparentent davantage à des jeux de hasard qu’à des loteries, la CFMJ a décidé l’année dernière de les interdire en dehors des casinos. Sans attendre la réponse du TF, la LoRo relance les hostilités, saisissant la moindre occasion de faire parler de sa cause, avec le soutien sans failles des milieux culturels et des cantons, principaux bénéficiaires de ses largesses.

Benno Schneider, président de la CFMJ, s’étonne «qu’une institution, a fortiori lorsqu’elle dépend des cantons, n’attende pas sereinement le résultat d’une procédure, mais cherche, en lançant une véritable campagne, à influencer les instances de recours par le biais des médias et de relais politiques.»

«Ce sont eux qui ont déclaré la guerre, et ils nous reprochent de nous défendre?» s’insurge Jean-Pierre Beuret, président de la LoRo. «Il y a quelque chose de pourri dans ce royaume! Les bureaucrates sont instrumentalisés au point de dévoyer les fondements démocratiques sur lesquels les loteries sont fondées.»

La CFMJ se défend d’être à la botte des casinos. «Il n’a jamais été question de prendre l’argent des bénéficiaires de la Loterie Romande», rétorque Jean-Marie Jordan, directeur de la CFMJ. «La procédure Tactilo n’aurait pas été nécessaire si la loi sur les loteries avait été adaptée à la réalité actuelle.» Et de souligner que l’argent des casinos profite aussi à l’intérêt général, puisqu’en 2006, 51,89% du produit brut des jeux a été reversé à l’AVS et aux can tons.

Source : 24heures.ch